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LE DRAGON DE L'EGLISE

Au Moyen Âge, les hommes croient aux animaux fantastiques tels que les licornes, les griffons ou encore les manticores.

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Il n'est donc pas étonnant de retrouver un dragon sur la magnifique abside romane du XIIe siècle de l'église de Saint-Paul-lès-Dax. Construite vers 1120-1130, cette abside constitue un véritable joyau médiéval, qui a permis le classement du bâtiment au titre des Monuments historiques en 1862.

A son architecture intérieure sobre, s'oppose la richesse de son décor extérieur. On y observe notamment une frise composée de onze bas-reliefs, sculptés dans des plaques de marbre blanc indépendantes et parfois cintrées, qui se succèdent tel un alignement de tableaux. Il s'agit d’illustrations de scènes bibliques, figurant le cycle du salut, de la Cène jusqu’au triomphe définitif de Jésus, et qui peuvent être « lues » de droite à gauche. En effet, un bas-relief est une représentation imagée d’un écrit qui permet à chacun de décrypter une scène, même s’il ne sait pas lire ou si sa langue est différente de la langue écrite.

Sur l'un de ces bas-reliefs se trouve donc un dragon, animal légendaire très présent dans les églises romanes. Il est à l'époque toujours présenté comme malfaisant, hideux et est toujours associé au mal et à ses manifestations négatives, tel le Diable qui prend l’homme dans les nœuds du péché. Il signale au fidèle sa nature imparfaite et lui rappelle que l'enfer est promis à ceux qui ne respectent pas les préceptes de l'Église. Le dragon est terrassé par de nombreux Saints dans des combats qui symbolisent le triomphe du Bien sur le Mal, voire la victoire du christianisme sur le paganisme.

Ici, il est affublé d'une crête, d'écailles, d'ailes de chauve-souris, de deux pattes énormes et griffues, et d'une longue queue dont il se sert pour étouffer ses proies. Son pouvoir mortel passe également par le poison contenu dans le feu qu'il crache par la gueule et les oreilles. Il possède parfois une langue fourchue, voire plusieurs têtes. Dans les récits, il est indiqué que son corps est visqueux et qu'il sent très mauvais. Il est le roi des serpents, dont il est le plus grand de tous, et possède plusieurs formes dérivées.

Que cela soit sur ses bas-reliefs ou bien sur ses chapiteaux, l'abside de l'église propose un bestiaire riche d'animaux réels ou fabuleux. Tous occupent une place fondamentale dans la vie à l'époque médiévale, et peuplent encore aujourd'hui notre imaginaire collectif.