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Le Moulin de cabanes

Préservé de l'animation bouillonnante du Grand Mail tout proche, le moulin de Cabanes frappe par sa quiétude et son romantisme intemporels.

moulin cabanes

Ce patrimoine privé, qui tire son nom de son premier propriétaire, fait partie des dix moulins à eau situés sur la commune. À l'arrêt depuis le début des années 1950, il est le vestige encore bien vivant d'une époque où la farine ne se trouvait pas dans les rayons de supermarchés.
Ce moulin a la particularité d'être à rouet, c'est à dire que sa roue à aube travaille sur un plan horizontal. Ses roues à godets (sans doute initialement au nombre de trois) ont aujourd'hui disparu. Il est alimenté par le ruisseau de Cabanes, qui porte d'autres noms avant son arrivée dans notre commune. Ce petit affluent de l'Adour, d'une longueur de 15 km, prend sa source à Gourbera à une hauteur de 78 m, puis coule du nord vers le sud en traversant Herm et en se jetant dans l'Adour à Saint-Paul, à une hauteur de 7 m.

Son système hydraulique est constitué d’un canal de dérivation situé à 1 km en amont du moulin. Il comprend aussi l’étang de rétention qui permet à l’eau de se déverser, via un bief creusé au milieu du 16e siècle, sur les coursiers du moulin. Quant au canal de fuite, d’une longueur de 60 mètres et situé en aval du moulin avant de se jeter dans l’Adour, il est actuellement bouché.

Bien loin des paroles de la célèbre comptine, le meunier ne dort pas beaucoup. Ses journées sont en effet bien remplies, car il doit notamment :
- s'approvisionner en grain (blé ou seigle) avec des sacs pouvant peser jusqu'à 80 kg, qui sont transportés par âne, mulet ou charrette, et chargés/déchargés à dos d'homme ;
- nettoyer (pour enlever les pailles et déchets) et calibrer (pour garantir la taille et l'homogénéité) le grain à la main, puis le stocker ;
- mouiller le grain à deux reprises, avec un temps de repos intermédiaire, pour faciliter la séparation entre le tégument (l'enveloppe) et le grain à proprement dit ;
- tirer l'eau de l'étang pendant de nombreuses heures pour actionner les rouets et les meules ;
- fabriquer la farine grâce à une succession de passages dans les meules et tamiseurs ;
- conditionner les sacs de farine et la vendre.

Ce métier possède également un aspect technique important, puisqu'il est nécessaire de savoir entretenir le matériel et réparer les éventuelles pannes. Le meunier a un rôle central dans la vie de la communauté car, sans lui, pas de farine et donc pas de pain, aliment de base de la population jusqu'au 19e siècle. Cette position privilégiée lui attire bien souvent des jalousies et animosités, et il est souvent perçu comme un voleur.

Le moulin de Cabanes est cité dans l’un des romans de l'écrivain et académicien Pierre Benoit « Mademoiselle de La Ferté » (1923) : « (…) Ils auront le temps d'apercevoir une prairie, de claires eaux, une vieille masure brune recouverte d'un toit de briques. C'est le moulin de Cabanes, alimenté par le même ruisseau qui, deux kilomètres plus au nord, passe tout près de la Crouts. Ce moulin, depuis qu'elle restait seule au monde, était un des buts favoris de promenade d'Anne de la Ferté. (...) »

En 1809, le recensement des moulins à céréales français voulu par Napoléon 1er en dénombre plus de 1 000, dont environ 800 dans les Landes. Pour un moulin à vent, on comptait alors 4 moulins à eau. Tous avaient un véritable rôle social et économique. Le développement des grandes minoteries industrielles dès le 19e siècle, à l'image de celle de Poustagnacq, va toutefois précipiter le déclin et la dispartion des moulins traditionnels.

Aujourd'hui, il en reste moins de 1 000, dont une vingtaine en état de marche dans les Landes (contre 146 durant la Seconde Guerre mondiale).

Le moulin de Cabanes vu de l'intérieur : https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/landes/de-la-couleur-de-la-lumiere-et-des-moulins-498571.html